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Du mardi au samedi de 11h00 à 19h30

Qu'est-ce que la Cryothérapie ?

Il s’agit de l’exposition d’un patient à des températures extrêmes comprises entre –120°C et –150°C pour une période de temps variant de 1 à 3 minutes. Cette exposition a pour conséquence de provoquer sur le sujet des effets hormonaux et biochimiques qui améliorent considérablement ses prédispositions à l’analgésie – en clair, au soulagement des douleurs corporelles – en agissant comme un puissant stimulateur psychique. Une séance permet d’éliminer la sensation de fatigue, d’assouplir des muscles tendus ainsi que d’intensifier le passage sanguin dans les téguments et les organes internes.

Ce type de traitement a également de très bons effets en temps que médecine du sport ou en parallèle des entraînements des sportifs de haut niveau. Les temps de récupération se trouvent réduits et les sensations de douleurs suite à un effort intense ou à des chocs sont nettement diminuées.

On distingue généralement deux types de cryothérapies. Dans les deux cas il ne s’agit pas de thérapies curatives mais de thérapies d’appoints qui s’intègrent dans d’autres cycles de soins ou d’entraînements dans le cadre des sportifs de haut niveau. Le premier type consiste à une utilisation ponctuelle d’une cabine de cryothérapie après un effort, un entraînement, ou dans le cadre d’un programme de remise en forme.

Le deuxième type est appelé cryothérapie complète et consiste, en général, en une succession quotidienne ou bi-quotidienne de séances de cryothérapie corps entier sans excéder 21 jours avec trois mois d’arrêt entre chaque cycle (suivre les recommandations du prescripteur dans tous les cas). Ce type de thérapie par le froid est indiqué en cas de pathologie lourde et en complément de soins médicaux ou d’une kinésithérapie.

Le déroulement d’une séance

La séance durera entre 2 et 3 mn en fonction de la pathologie et de votre ressenti.
Vous devrez avoir la peau sèche et non enduite de crème ou autres produits.
Vous devrez retirer ou protéger tout objet métallique (montre, bracelets, piercing…).
Les extrémités pourront être protégées.

Le strict respect de ses précautions ainsi que les recommandations des professionnels de santé assurent les meilleures conditions de succès et de confort.

Vous entrerez ensuite dans une cabine individuelle en sous-vêtements ou maillot de bain sous surveillance d’un professionnel.
*Votre tête restera à l’extérieur, à l’air libre.
*La sensation de froid reste très supportable car l’air refroidi est très sec.
*A la fin de la séance vous prendrez le temps de vous réchauffer.

Chambre cryosauna

Le cryosauna

La source de froid du cryosauna est due à l’évaporation dans le générateur de basse température d’azote liquéfié provenant du réservoir cryogénique extérieur. La température se situe entre -120 et -150°C. Le cryosauna est équipé d’un sol mobile qui s’adapte à la hauteur de chaque utilisateur. Un système d’extraction des gaz est installé pour aspirer les vapeurs d’azote émises lors du fonctionnement de l’appareil. Lors d’une séance, l’utilisateur de la cabine est vêtu de vêtements de protection obligatoires : des gants et des chaussettes de coton épais, ainsi qu’un maillot de bain en coton. L’utilisateur, debout, n’est immergé que jusqu’aux épaules, avec la tête au-dessus du niveau des gaz froids, ce qui lui permet de respirer l’air ambiant sans nécessiter le port d’une protection sur la bouche (Fig. 4). À la fin d’une séance, le sol redescend automatiquement, l’opérateur aide l’utilisateur à sortir de la cabine et aide le suivant à y entrer.

Principe et effets de la CCE

Lors de la CCE, les échanges thermiques se font par convection
* Extracorporelle entre la peau et le gaz ambiant * Intracorporelle entre le sang et le tissu cutané.

La baisse de la température corporelle est rapide, passant de 34 à 5-7°C, sans descendre sous les 5°C. C’est ce choc thermique qui rend la CCE efficace.

Effets thermiques

Durant la CCE, la température cutanée descend rapidement, surtout au niveau des extrémités. Le retentissement sur la température centrale est diversement évalué. Taghawinejad enregistre par voie orale une baisse de la température de 0,38°C après 90 secondes à -100°C. Joch l’évalue par voie auriculaire à 0,02°C. Savalli, en 2006, observe une diminution de 0,63°C au niveau de l’oreille 5 min après une séance de 4 min à -110°C, annulée après 20 min. Cette baisse de la température centrale est suffisante pour générer un ensemble de processus physiologiques qui explique les effets de la CCE.

Effets antalgiques

Le choc thermique provoque un ralentissement de la conduction nerveuse des fibres et de la voie de la sensibilité thermo-algique périphérique. Dans la CCE, l’ensemble du corps est exposé au froid, donc tous les récepteurs thermiques présents à la surface de la peau sont stimulés. Lorsque le cerveau reçoit des messages, qui proviennent de l’ensemble de l’organisme, l’intégration de la douleur est désorganisée. Cela explique la persistance du phénomène antalgique après la séance. La diminution des messages nociceptifs s’explique aussi par la diminution des médiateurs de l’inflammation.

Effets anti-inflammatoires

Après cinq séances hebdomadaires de 2 min à -110°C, une seule fois par jour, il est mis en évidence une légère augmentation des cytokines antiinflammatoires IL-10 et une diminution des cytokines pro-inflammatoires IL-2 et IL-8. La diminution des prostaglandines 2 montre que l’inflammation est moins importante après la CCE. Il semblerait, d’après cette étude, que 20 expositions soient plus efficaces que dix, cinq expositions n’étant pas suffisantes pour constater des changements significatifs.

Effets anti-œdémateux

On comprend que le rôle anti-inflammatoire de la cryothérapie puisse agir sur l’œdème post-traumatique. Nombreuses sont les publications qui valident cet effet lorsque la cryothérapie est appliquée localement.

Effets cardiovasculaires

La fréquence cardiaque augmente, par stimulation du système sympathique, au décours d’une séance de CCE. Une adaptation survient après une exposition quotidienne. Après une exposition à -110°C, la pression artérielle systolique s’élève de 24 mmHg. La différence entre la pression artérielle systolique avant la CCE et après la CCE est de 24 mmHg alors que la pression artérielle diastolique augmente de 10 mmHg. Les passages répétés dans le caisson hypothermique ne montrent pas d’adaptation de la tension artérielle. Cet effet sur la tension artérielle justifie la contre-indication de la CCE en cas d’HTA non contrôlée.

Effets sur les fonctions respiratoires

Une CCE de 2 min à -110°C, trois fois par semaine, pendant 12 semaines, induit une bronchoconstrition minime chez les sujets sains, sans conséquence néfaste. On constate une légère diminution du volume expiratoire maximale 30 min après la CCE (2,3 ± 0,8 %).

Effets sur le système immunitaire

Le système immunitaire subit des modifications après le passage en caisson hypothermique. Les taux de leucocytes et d’IL-6 augmentent tandis que le statut oxydatif total et le statut anti-oxydatif total diminuent. Malgré les variations, les valeurs restent dans les normes physiologiques.

Stress oxydatif

La CCE semble avoir un effet positif sur le stress oxydant lié à la pratique sportive. Il estobservé une augmentation significative de l’activité antioxydante après 2 min d’exposition à -110°C, à raison de trois séances hebdomadaires pendant 3 mois, chez des femmes en bonne santé. Une séance de CCE avant chaque entraînement diminue l’activité oxydante et l’apparition des radicaux libres chez des kayakistes.

Humeur et dépression

Malgré le petit échantillon, les résultats suggèrent un rôle possible, à court terme, de la CCE comme adjuvant thérapeutique des troubles de l’humeur et de l’anxiété.

Ostéogenèse

Une évaluation chez dix rugbymen des marqueurs du remodelage osseux (RANK, RANK L, OPG) a mis en évidence une élévation significative des niveaux d’ostéoprotégérine (OPG).

CCE et sport

La CCE à -110°C a des effets bénéfiques pour les activités sportives d’endurance. La fréquence cardiaque est diminuée de 8 à 10 bpm, le taux de lactate est abaissé, la variabilité cardiaque est accrue, ce qui témoigne d’une bonne stimulation parasympathique. Capacité aérobie et anaérobie La CCE augmente la puissance maximale anaérobie de l’Homme.

Entraînement

La CCE est utilisée dans le cadre de la reprise d’entraînement ou en tant que traitement préventif avant l’entraînement. En raison de ces effets antalgiques, anti-inflammatoires et anti-oedémateux, la cryothérapie corps entier favorise la rééducation, la reprise sportive et diminue les effets liés aux entraînements intenses.

Stimulation parasympathique

La CCE a un effet positif sur la régulation du système parasympathique au niveau cardiaque en limitant les effets d’un entraînement physique. Dans une étude récente, l’équipe de l’INSEP a comparé la chambre au cryosauna. La stimulation du système nerveux utonome, plus particulièrement parasympathique (fréquence cardiaque, variabilité du rythme cardiaque) est plus marquée avec la chambre, vraisemblablement parce que le cryosauna n’implique ni la tête ni la face.

Réparation tissulaire et récupération

Une différence statistiquement significative en faveur de la CCE est mise en évidence dans les délais de récupération.

Contre-indications

* Hypertension artérielle non contrôlée
* Infarctus du myocarde de moins de 6 mois
* Angine de poitrine
* Pacemaker
* Allergie au froid
* Prise d’alcool ou de drogues

Indications

* Rhumatismes inflammatoires
* Spondylarthropathie ankylosante
* Spasticité musculaire
* Neurodermites
* Psoriasis et lichen plan
* Contusion musculaire
* Tendomyopathie
* Amélioration de la rééducation du sportif blessé, en phase de renforcement
* Trouble du sommeil
* Dépression
* Asthme
* Trouble de la proprioception de l’appareil locomoteur
* Migraine
* Autre pathologie chronique du derme

Quelques études récentes confirment l’intérêt que représente la CCE dans la prise en charge de maladies rhumatismales. Une étude prospective, portant sur 60 patients, 48 polyarthrites rhumatoïdes et 12 spondylarthrites ankylosantes, rapporte une réduction des échelles EVA et DAS28 à 2 mois, confirmée en 2008 par Lange. Notre expérience personnelle témoigne de la réalité des bénéfices attendus dans les spondylarthrites ankylosantes axiales. Une étude pilote sur 120 patients conclut que la CCE représente une part importante du programme de réhabilitation de ces patients. La durée d’évolution de la capsulite rétractile de l’épaule est raccourcie. Au congrès de l’Eular 2012, Bettoni a rapporté son expérience positive dans le traitement de 49 fibromyalgies, confirmée en 2013 sur 100 patients.